Beauté de la rencontre, suspendue au Présent

« Je n’avais jamais vu autant de jaune dans un même paysage.
Ce week-end fut un moment tout jaune. Jaune d’or, jaune soleil,
un jaune qu’on aimerait délicatement capturer dans une petite boîte
pour en conserver la saveur et nous réchauffer quelques soirées d’hiver durant.
Mais cette rêverie laisse place à une idée bien plus réelle qui me chagrine et m’émerveille.
La beauté n’est véritable que lorsqu’elle surgit, indéfectiblement liée au présent, ce temps qu’on ne saurait prévoir.
Des feuilles bruissent dans le vent puis le silence prend place.
Quelqu’un passe. Je vois son sourire qui me dit « bonjour ».
Cette caresse du regard se dépose sur mon cœur, promesse d’un lien véritable.
Sans le connaître, je le connais déjà par la profondeur de ce que nous échangeons, sans rien dire. Les yeux voient loin.
Ce qui m’est étranger disparait, se condense dans une brume naissante qui m’enveloppe tendrement.
Chacun promène son atmosphère et porte en lui son univers. Le lieu prend sens par ces présences qui résonnent.
Nous formons Un de toutes nos personnes et donnons corps à un possible à présent révélé.
C’est une communion aux autres et au lieu qui nous reçoit.
Nous l’habitons et sommes habités par ce qu’il nous offre et par les autres,
présences pures qui me regardent et me touchent.

perreuil congres
Nous habitons pleinement notre corps et essayons de nous accorder au diapason.
Alors tout vibre, les enveloppes s’effacent et les âmes se frôlent.
La beauté en puissance des rencontres apparait sous un jour sans cesse renouvelé par l’unicité des instants vécus.
Le temps est suspendu, dense comme une épaisse brume matinale. Nous assistons ensemble au matin du monde.
Clair et frais, baigné d’ocres et de rouges, de brume et de rosée. Qu’il est beau ce matin sacré. »
Solène Coanon

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