Échos lituaniens du congrès de Paris

Dans le prolongement des actions de coopération vécues depuis une dizaine d’années entre plusieurs partenaires du congrès, en Lituanie comme en France, quatre lituaniennes ont participé à la rencontre de Paris. De retour à Vilnius, elles nous partagent leurs résonances, et ont fait part de leur intention d’organiser une rencontre-congrès régionale en Lituanie en 2018.

 

Kristina Trinkūnaitė:

Je suis venue à ce congrès sans savoir exactement où j’allais, sans idée préconçue, sans attentes particulières. Je fus tout d’abord surprise par les participants. C’étaient des personnalités profondes et heureuses, tout à fait différentes des artistes de mon pays, qui regardent souvent les choses à travers un regard sarcastique, ce que je croyais être la norme actuelle chez les artistes. Ici, c’était tout autre : les congressistes ne se connaissaient pas entre eux pour beaucoup, mais ils partageaient un dénominateur commun et mystique qui permet de s’ouvrir et de plonger dans la profondeur. C’est vrai, cette liberté que j’ai vécue m’a rappelé mon enfance, quand je courais dans les prés en sautant et chantant. Telle est ma liberté de création.

Le programme du Congrès était varié. J’ai eu l’occasion de toucher les différentes branches de l’art: musique, théâtre, l’art plastique et chaque fois de goûter et refléter. Il était intéressant de découvrir comment les mêmes choses provoquaient des sensations et réflexions différentes, c’était bien de connaitre des personnes à travers cette diversité.

Ce Congrès m’a causé beaucoup de réflexions sur l’art et la création elle-même.

L’ART- à qui est-il destiné, pour quoi il existe? C’est une question fondamentale que je me pose de plus en plus souvent. Je pense qu’aujourd’hui l’art, pour une bonne part, est au service du mal, de la destruction, de la disharmonie. Parfois il est difficile- surtout au théâtre- de trouver des exemples qui parleraient d’un art capable de nettoyer la poussière de l’âme de l’homme, de sauver le monde. Après mon retour,  je me suis souvenue de  ma vocation – il serait peut-être plus exact de dire ma mission. Je vis de  nouveau cet appel à y répondre, à créer ce que je trouve important sans avoir peur.

Nijolė Butkevičienė

C’était un grand cadeau d’être en ce lieu, ou il rayonne beaucoup d’énergie créative. Tellement de personnalités merveilleuses transmettent leurs valeurs, leur expérience et leurs talents artistiques à ceux qui ont peut-être moins de possibilités. Le mot est un moyen insuffisant  pour décrire ce cadeau. Le Congrès m’a inspiré, a bouleversé des doutes se cachant à l’intérieur, m’invitant à agir. J’ai vécu dans ce milieu quatre jours, et j’ai emporté en Lituanie (également à Skudutiškis- un village au l’est de Lituanie) de la bonté, une volonté de partager, une certaine force de l’intérieur.

Aujourd’hui à Skudutiškis, nous créons un lieu pour des activités diverses : Soutien émotionnel et de thérapie en produisant des objets artisanaux et des textiles lituaniens traditionnels, intégration psychosociale,  programme de  renforcement des pouvoirs des familles. Les pensées, sentiments et perceptions, qui résultent du Congrès, contribuent à la mise en œuvre de ce projet.

Giedrė Gajauskaitė

Le Congrès est beaucoup plus large que ces quatre jours, car chaque personnalité représente un point d’ouverture particulier vers une expérience unique. C’est justement tout l’art d’arriver à trouver des éléments et de faire circuler cette expérience, ainsi que l’improvisation spontanée.

Dans cette atmosphère se rencontrent professionnalisme, art, créativité et amour, responsabilité, joie de transmettre. J’ai vécu l’évidence: ils étaient heureux en poussant vers le mouvement et le changement, ils étaient heureux en voyant les yeux brillants de l’autre.  C’est ça le perpetuum mobile (le mouvement perpétuel)

Il est bon de faire partie d’un « miracle » de multiplication, simplement de semer.

Nijolė Kezienė:

Je crois que la parole devient chair. Après avoir participé au congrès à Barcelone, puis cette année à Paris, je peux dire qu’aujourd’hui, je suis partie prenante de la communauté du congrès. Et je rêve d’une telle rencontre en Lituanie. Il reste à prononcer le mot « je dis oui », c’est ainsi que j’exprimerai mon remerciement au monde et à vous.

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