Écoutez le 432, le la primitif !

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La quête de sens : Le choix de ce thème pour notre rencontre d’automne est venu des  »renc’arts » du Café des Arts (Grenoble). Depuis un an, il est proposé à un artiste de venir à la rencontre de jeunes et de leur partager ses choix, ses engagements, sa quête d’être, d’oser, de risquer… un instant suspendu entre l’écouté et l’écoutant. Une intimité qui ouvre au mystère de la rencontre dans tout ce qu’elle a de vrai. Durant deux jours, nous avons avancé joyeusement sur ce chemin où surprise et émerveillement vont si bien ensemble. En surprises, en différences, nous avons été servis lorsque notre ami Willy Dugarte, musicien vénézuélien est intervenu dans un propos ponctué des sons du quatro et des maracas.

« Ecoutez le 432*, le la primitif, celui que chante l’oiseau et sur lequel l’homme a bâti ses instruments de musique naturels. » Cette interpellation surprenante a eu le don d’opérer en chacun une inversion, d’écouter la résonance, la vibration, de se situer au niveau de son être, j’oserai dire de son être primitif. L’oreille et le cœur se font attentifs, il s’agit du chant de l’oiseau tout de même ! Notre ami musicien revient sur le passage au la 440 et la volonté de perfection qu’il traduit : «  Ce changement est aberrant comme le fait de changer d’heure du jour au lendemain entre l’été et l’hiver, il nous rend tous un peu schizophrène.

img_535a94b3b4ddb_fDans ma culture tout était en paix avec les différences. C’est ici que j’ai appris à me mettre en colère, à casser. Il y a une résonance du cœur qui communique avec l’autre, elle est universelle. Vivre une empathie-détente permet à notre cœur d’être partout et de dépasser les limites de sa chair. Et si finalement la beauté se trouvait dans l’abandon de notre propre égo pour ressentir les vibrations qui viennent de la nature et goûter le bonheur d’être en relation avec elle ?

Quelle onde allons-nous générer, quelle fréquence, quelle vibration allons-nous donner ? L’oiseau nous le dit : le 432 »

C’est accroupis et à genoux, tapant sur des bambous, que la conversation a repris.

François Masson

*Le la 432 et le la 440 sont des repères différents qui permettent d’accorder voix et instruments. Le plus ancien et le plus naturel est le premier : il apporte des tonalités détendues. La montée du  432 au  440 s’est faite progressivement, accompagnant la recherche de la virtuosité et du spectaculaire.

 

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