Le théâtre comme expérience du don et de l’altérité.

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Réfléchir sur la place du don dans les rapports humains, tel était le projet proposé par la chaire Jean Rhodain de Toulouse au début de l’année 2014 lors de la session interdisciplinaire de l’Institut Catholique de Toulouse. Philosophes, théologiens, juristes, économistes, psychanalystes ou gestionnaires ont répondu à l’appel, offrant des regards croisés qui montrent la pertinence de la culture du don.

C’est dans ce cadre que Marie-Claire Grasset et la troupe de théâtre de l’association Domino étaient invités à présenter leur approche du don et de l’altérité à travers l’acte théâtral.

L’association Domino s’adresse particulièrement à des personnes en situation de handicap mental, souffrant de troubles psychiques, traversant des difficultés professionnelles, familiales ou sociales. Elle se veut « un espace de création, de vie, d’écoute, de présence, de rencontres», faisant le pari que «la différence et la fragilité sont sources d’enrichissement et d’humanisation». Son projet est simple: «Révéler à toute personne qu’elle est créatrice, que sa vie peut être une œuvre d’art, qu’elle a un rôle singulier à jouer dans la société. »

Témoignant avec trois membres de la troupe, Béatrice, Vincent et Marie-France, Marie-Claire introduisait ainsi l’intervention, avant de montrer des images du « Petit Prince », dernier spectacle monté par la troupe.

« L’acte théâtral, dans son acception la plus simple, possède cette vertu inouïe de nous décentrer de nous-mêmes, de nous dépouiller de nos différentes formes de mondanités. À l’instar du déplacement qu’est amenée à opérer Le Petit Prince, la scène nous donne d’expérimenter que tous nos pouvoirs, nos avoirs, nos savoirs, nos devoirs, ne nous servent de rien lorsque, exposés au regard de l’autre, nous nous retrouvons vulnérables, dans l’attente de ce qui va se jouer, ici et maintenant, avec mon ou mes partenaires, avec le public.

Apprivoiser l’incertitude, l’inconnu: premier pas de la relation entre moi et l’autre; premiers pas de cette dépendance possiblement heureuse, fécondante ; premier pas de la confiance appelée à grandir dans le don réciproque de ce que chacun est. Et c’est probablement en cela, que les personnes, qui quotidien­nement font l’expérience de la nécessaire dépendance, par leur fragilité avouée, par leur handicap accepté, ont quelque chose à nous enseigner, à nous donner ».

La projection s’est poursuivie avec un propos ancré dans l’expérience. Cette intervention à plusieurs voix est d’une grande richesse. Comme c’est souvent le cas avec ceux dont les capacités conceptuelles sont moins déliées, Béatrice, Marie-France et Vincent vont droit au but, exprimant avec une grande simplicité des vérités essentielles, que Marie-Claire a pu laisser résonner dans un propos plus anthropologique, voire théologique.

Le colloque a fait l’objet d’une publication intitulée « la culture du don ». Cette intervention a été rédigée par Violaine de Lartigue. Avec l’autorisation de la chaire Jean Rodhain de Toulouse, nous proposons ici la lecture de l’article in extenso. Pour plus de renseignements, contacter la fondation Jean Rodhain.

 

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