Pépites de beauté au cœur de Paris

 Une multiplicité de propositions artistiques a été le matériau premier de cette rencontre d’octobre 2016 et en a fait la richesse : théâtre, conte, cinéma, marionnettes. Les artistes ne nous ont pas seulement présenté leur œuvre, grâce à eux et avec eux nous avons quitté le « faire » pour être davantage « présents ». Et cet état de disponibilité a permis  à l’inattendu d’advenir.  Inattendue et universelle la réponse de Dostoïevski, lu par Nazim Boudjena samedi soir, après l’avalanche de réactions qu’avait suscité le documentaire En quête  de sens projeté l’après-midi même. Inattendue et décoiffante la venue d’Emma Morin, invitée de dernière minute, prête à donner ou non sa lecture d’un texte de Gertrude Stein, avant tout disponible à ce qui se passait autour d’elle et totalement présente sur la scène lorsqu’elle y est allée. Inattendue et émerveillante, la marionnette en papier de Kevin Rouxel, une surprise de rien du tout qui reste comme un point lumineux de ces trois jours.

indexInattendus à nous ravir les contes écrits avec Gigi Bigot d’ATD Quart Monde par des personnes manquant de tout sans doute matériellement mais généreux donateurs de poésie, de sagesse, d’espérance.  Inattendue et festive la soirée préparée par Marine de Brantes et ses complices qui a entouré comme un écrin la projection de La Sapienza, film chef d’œuvre d’Eugène Green. Inattendues et joyeuses les rencontres faites dans la rue par ceux qui ont pris le risque, à la suite de Kevin,  de souffler de la poésie aux oreilles de passants inconnus. Inattendu et paniquant l’incendie de la cuisine qui juste avant notre rencontre a rendu impossible la préparation de nos repas mais délicieuse  la roseraie du square voisin qui a pour finir abrité nos pique-nique. Inattendus  et reposants  les cafés chauds qui nous ont accueillis fidèlement à chaque retour du jardin. Si elle ne s’inscrit pas dans le présent qui la porte,  une parole même très esthétique, ne dépasse pas le « faire », ne saurait nous faire entrer dans l’ « être ». Nous avons vécu exactement l’inverse : cela ressemble toujours à un miracle, comme la venue au monde d’un enfant.  Nous avons touché à la grâce particulière de l’art qui est à la fois  capable de nous séduire, de nous bouleverser et de nous enseigner ainsi que l’énonçaient  les musiciens de l’ère baroque : delectare, movere, docere.

Elisabeth

Ce que je retiens surtout de ces trois jours, c’est l’instant présent.   Nous avons vécu un moment de conscience d’être de soi-même et de l’autre. Tel un instant de prière où l’on rentre dans l’intériorité et la sérénité. Et c’était d’autant plus beau que nous ne nous connaissions pas au départ, nous étions tous d’âges, d’histoires, d’origines et de parcours différents. Merci pour cette qualité d’écoute entre tous, cette  belle réalité intergénérationnelle.

Pauline

Qu’est-ce que c’est que la Beauté?  Une rencontre?  Une œuvre d’art?  Un état de présence et d’écoute ? Comment la Beauté peut-elle nous sauver d’un monde où tout fuse, où l’instantané devient signe de rapidité ? Qu’est-ce que c’est qu’être dans la Beauté?

Un sourire, un regard qui donne et reçoit, une écoute, un silence : c’est déjà faire un tout petit pas.

A chaque rencontre, tout devient délicat, fin, tendu et tendre. Faire l’expérience de la Beauté c’est apprendre à écouter cette petite flamme intérieure qui brille en nous et entre nous et qui désire grandir au sein de l’humanité tout entière ! Mais bien souvent, elle a déjà beaucoup de mal à briller en nous. Elle est fragile, il suffit d’un coup de vent pour l’éteindre. Être dans la Beauté, tenter d’y être, c’est être très attentif à cette petite flamme qui veut briller toujours plus. Nous pouvons toujours la rallumer et c’est ce que le congrès nous propose.

Alexandra

 

 

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